mardi 23 août 2016

LA CAUSE PALESTINIENNE : UN MENSONGE HISTORIQUE




LA CAUSE PALESTINIENNE : UN MENSONGE HISTORIQUE

L'invention de la cause palestinienne par Bernard Botturi, titulaire d'un DEA de philosophie, d'un DEA de psychologie et sciences de l’éducation, d'un DEA d’histoire de l’antiquité, et d'un DESS de psychologie clinique et pathologique.
Il est l'auteur d'une traduction du Tao Tö King (le livre de la tradition du Tao et de sa sagesse), aux éditions du Cerf 1984, réédité en 1997
Depuis les défaites arabes des guerres 1948/49, la cause palestinienne avait été définitivement enterrée et cela pour plusieurs raisons, parmi celles nous en citerons deux principales :
• ses leaders tels Hajj Amin al-Husseini étaient décriés à cause de leurs collaborations notoires avec le nazisme.
• La cause palestinienne était une menace séparatiste qui aurait pu contaminer les différents pays arabophones
La "Cause" reçut son acte de décès par l'annexion de la Cisjordanie à la Jordanie et de la Bande de Gaza à l'Égypte et surtout par la relégation des réfugiés dans des camps sordides ne vivant que par l'aide de l'ONU. Les Palestiniens vivant dans les camps de réfugiés étaient dépourvus de tous droits, victimes de ségrégations multiples : interdictions professionnelles, interdictions de construire en dur, liberté de déplacement en dehors des camps plus que réduite, etc.
Depuis son accession au pouvoir en 1952, Nasser était bien plus préoccupé à construire un panarabisme politique que de s'occuper des Palestiniens qui n'étaient que des figurants de 13° zone fournissant des troupes supplétives pour mener des coups de mains sur la frontière israélienne sans pouvoir être inquiété. Mais aussi groupes incontrôlés et incontrôlables menaçant l'armistice de 1957.
Puis à partir des années 1960 le leader des pays non-alignés, du Tiers Monde va essuyer plusieurs revers :
• Échec de la République Arabe Unie qui profite à l'Irak
• Hostilité de l'Arabie Saoudite qui n'a guère appréciée l'inclusion du Yémen au sein de la RAU
• Méfiance de la Jordanie qui voyait dans la RAU une menace.
• Lutte de leadership avec Bourguiba qui apparaît plus sage
À l'intérieur :
• Échec de la réforme agraire
• Échec des diverses politiques d'industrialisation
• Montée d'une bureaucratie corrompue
• Croissance de l'influence des Frères Musulmans qui récupèrent à leur profit le mécontentement populaire….
• Nasser s'il veut garder sa place tant de champion du panarabisme et de leader du tiers monde se doit de se refaire une notoriété.
Cette dislocation du panarabisme ruinait le rêve de Nasser à être le leader des pays arabes, lui donnant par cela une légitimité pour être le leader du tiers monde. Face à cet effondrement du panarabisme Nasser et ses conseillers se sont rappelés que l'antisionisme avait permis après les défaites de 1948 / 49 de masquer les divergences d'intérêts des divers pays arabes.
Certes mais comment rendre acceptable l'antisionisme ?
L'Europe garde en travers de la gorge la nationalisation du canal de Suez, est globalement pro-israélienne, depuis la shoah est très susceptible envers toute hostilité antisémite, la Gauche sociale-démocrate voyait dans les Kibboutzim l'utopie socialiste réalisée tout en respectant la Démocratie, contrairement à l'aventure soviétique dont les crimes staliniens révélés par Kroutchev commençait à perdre du prestige. Enfin le petit Israël apparaissait comme le David qui avait su résister à une coalition de six pays supérieurement équipés lors de sa création. Israël, globalement, bénéficiait d'une image positive…. Dans ce contexte il semblait périlleux de refonder le panarabisme et le leadership du tiers Monde à partir de l'antisionisme.
Dans ce contexte, Nasser sut se tourner vers des conseillers techniques spécialistes en matière de propagande : ex-nazis et soviétiques spécialistes les uns comme les autres en matière de subversion.
Les différents travaux avaient pour but premier de séparer Israël de ses soutiens naturels : la Gauche Sociale Démocrate et les Libéraux américains (nous excluons de la Gauche le PCF qui était et restera profondément stalinien). La Gauche était dans le combat de la décolonisation, l'émancipation des peuples, la lutte anti-impérialiste et néo-colonialiste.
C'est ainsi que Nasser va créer de toute pièce la Cause Palestinienne, mais une cause où bien sur les Palestiniens seront absents : le premier Congrès National Palestinien se tient le 28 mai 1964, à Jérusalem, ses membres sont soit des délégués de la Ligue Arabe, soit des Palestiniens complètement inféodés à l'Égypte, à la Syrie, à la Jordanie, ne siègeront aucun représentants des camps… Ce premier congrès valide la proposition de création de l'OLP proposée par l'Egypte lors du sommet de la Ligue Arabe qui s'est tenu au Caire en janvier 1964.
Pendant les débats la Cause Palestinienne est présentée par deux fidèles de Nasser : Yasser Arafat et Ahmad al Choukheiri / Shuqayri, deux "Palestiniens" bon teint qui se garderont bien d'évoquer de quelque manière que ce soit un état palestinien, le sort des réfugiés et toute allusion quelconque qui ferait planer quelque velléité de séparatisme.
La Charte Nationale de l'OLP est rédigée en juin 1964, elle sera reconnue puis officialisée lors de la conférence de la Ligue arabe d’Alexandrie en septembre 1964.
Ce n'est pas un hasard si le nouveau discours antisioniste s'ancre dans la Cause palestinienne. Les Palestiniens offraient toutes les caractéristiques pour élaborer un discours délégitimant Israël :
Un peuple de réfugiés, de pauvres subsistant de la charité internationale via l'UNWRA. Bien évidemment, le discours de la Cause jettera un voile pudique sur les raisons de la relégation des Palestiniens, l'opinion publique c'est bien connu est peu soucieuse d'Histoire et est facilement malléable par les chocs émotionnels, de ce qui relève de l'affectif.
Examinons maintenant le texte de la Charte de l'OLP :
1 / L'invention du Peuple Palestinien :
Dans un premier temps la charte va inventer la notion de Peuple Palestinien, alors que jusqu'à maintenant il était parlé d'Arabes vivant en Palestine, arabes aux origines diverses : syrienne, libanaise, bédouine, égyptienne, soudanaise, libyenne auxquels nous pouvons rajouter divers minorités turques, circaucasiennes, arméniennes, kurdes, druzes, berbères, grecque, maltaise, chypriote, etc.…. Rappelons que les divers mouvements arabes de la Palestine n'avaient pu trouver d'unité, car ils se définissaient avant tout soit comme syriens, soit comme égyptiens, soit comme bédouins mais pas comme palestiniens, seuls jusqu'en 1947 les Juifs se disaient palestiniens… humour de l'histoire.
Donc la Charte va commencer par établir, définir le Peuple Palestinien et la Palestine dans les sept premiers de ses articles :
La Palestine est le territoire du mandat britannique et « constitue une unité territoriale indivisible ».
"Le peuple arabe palestinien détient le droit légal sur sa patrie et déterminera son destin après avoir réussi à libérer son pays en accord avec ses vœux, de son propre gré et selon sa seule volonté."
L'identité palestinienne constitue une caractéristique authentique, essentielle et intrinsèque : elle est transmise des parents aux enfants.
Le peuple palestinien désigne « les citoyens arabes qui résidaient habituellement en Palestine jusqu’en 1947 », « l’identité palestinienne est une caractéristique authentique, intrinsèque et perpétuelle » et « seul le peuple palestinien a des droits légitimes sur sa patrie”.
Il est à noter que ces premières définitions sont immédiatement temporisées par :
elle (La Palestine) constitue une partie inséparable de la patrie arabe
Le peuple palestinien fait partie intégrante de la nation arabe.
Qui permet d'étouffer à l'avance tout nationalisme particulier, ce qui est en jeu c'est la nation arabe, le peuple arabe que les Palestiniens ne se méprennent pas ! Nasser ne tient pas à ce que se répète le particularisme libanais.
Cela dit, l'article 7 va sortir de son chapeau une historicisation de la Palestine :
L'existence d'une communauté palestinienne, qui a des liens d'ordre matériel, spirituel et historique avec la Palestine, constitue une donnée indiscutable. Tous les moyens d'information et d'éducation doivent être employés pour faire connaître à chaque Palestinien son pays de la manière la plus approfondie, tant matériellement que spirituellement
Nous pouvons apprécier l'expression de "donnée indiscutable" qui est pour le moins contestable pour quiconque s'est penché sur l'histoire. Cet article avec les précédents seront la base de toute une propagande inventant la Palestine et le Peuple Palestinien.
2/ La victimisation du peuple Palestinien !
L'occupation sioniste et la dispersion du peuple arabe palestinien, par suite des malheurs qui l'ont frappé, ne lui font pas perdre son identité palestinienne, ni son appartenance à la communauté palestinienne, ni ne peuvent les effacer
Les Palestiniens sont les citoyens arabes qui résidaient habituellement en Palestine jusqu'en 1947, qu'ils en aient été expulsés par la suite ou qu'ils y soient restés
Les palestiniens sont frappés par le malheur de l'invasion sioniste, un peuple d'expulsés, de dispersés. Il est remarquable de souligner comment les attributs du peuple Juif sont repris, le texte reprend en miroir l'expulsion de la Judée romaine et la dispersion diasporique. Attributs qui ne peuvent qu'apitoyer les chaumières.
3 / La disqualification du sionisme :
L'entreprise sioniste est vue sous l'angle d'une vaste opération d'invasion et d'expulsion et va être accablé de tous les maux de la terre notamment par l'article 22 :
« le sionisme est un mouvement politique, organiquement lié à l’impérialisme mondial et opposé à tous les mouvements de libération et de progrès dans le monde. Le sionisme est par nature fanatique et raciste. Ses objectifs sont agressifs, expansionnistes et coloniaux. Ses méthodes sont celles des fascistes et des nazis. Israël est l’instrument du mouvement sioniste. C’est une base géographique et humaine de l’impérialisme mondial qui, de ce tremplin, peut porter des coups à la nation arabe pour combattre ses aspirations à la libération, à l’unité et au progrès. Israël est une menace permanente pour la paix au Proche Orient et dans le monde entier. »
Nous voyons ici se dessiner ce qui deviendra la vulgate de la Cause palestinienne qui, depuis, ne changera pas d’un iota comme nous avons pu le constater lors des manifestations pro-palestiniennes récentes clamant haut et fort « Israël=nazisme », « Israël, état raciste », « halte à la colonisation sioniste » et autres lieux communs… dans la logique du nazisme supposé du sionisme ce sont rajouté des slogans du genre « Tsahal= génocidaire » ou « Gaza= Auschwitz », quitte à faire dans la subversion allons jusqu'au bout de sa folie. Dans cette logique de propagande le sionisme va être ravalé au rang de force obscurantiste et ainsi qualifié de « fanatique » et « opposé à tous les mouvements de libération et de progrès dans le monde ». À cela se rajoute la menace quasi apocalyptique du sionisme, « menace permanente pour la paix dans le monde »…. Israël petit état ne pouvait sérieusement apparaître comme La menace, aussi ce dernier ne va-t-il devenir qu’un instrument du sionisme « mondial », le terme de mondial n’est pas exprimé mais sous entendu par le fait que le sionisme est identifié à l’impérialisme… nous ne sommes pas loin des « Protocoles des Sages de Sion » qui seront repris par la charte du Hamas.
Et cela est doublé par un appel vibrant à la disparition du sionisme :
« Les aspirations à la sécurité et à la paix, de même que les exigences de vérité et de justice, réclament que tous les états considèrent le sionisme comme un mouvement illégal, le déclarent hors la loi, et interdisent ses activités afin de préserver les relations amicales entre les peuples et de sauvegarder la fidélité des citoyens envers leurs patries respectives » (Cf. art.23)
Discours curieux faisant du sionisme un ennemi de la paix, de la sécurité, de la vérité, de la justice, donc un mouvement belliciste, agressif, menteur, inique… nous retrouvons là les accusations classiques de l’antijudaïsme… pire le sionisme est stigmatisé comme portant atteinte à l’amitié entre les peuples, et agissant de façon occulte pour détourner les citoyens des états pour en faire des agents du sionisme… nous pointons ici en filigrane la théorie du complot juif… mais énoncé de telle manière que les lecteurs hâtifs n’y voient que du feu…pourtant cette théorie fleurit maintenant un peu partout, même en France un "humoriste" a fondé un parti « antisioniste »… nous pouvons nous demander si la réémergence du complot sioniste aurait pu s’exprimer sans le poison savamment distillé par les discours de la Cause palestinienne ?
4 / Dissocier le sionisme du judaïsme : Les porte paroles historiques des arabes palestiniens (Hadj Amine el-Husseini ou Ahmad Choukeiry) s’étaient fait connaître par leurs sympathies pro-nazies et un anti-judaïsme virulent qui les avaient disqualifiés aux yeux de l’opinion occidentale ; la question demeurait comment légitimer la lutte contre Israël sans apparaître anti-juifs ? Tout simplement en créant un nouvel argument dissociant judaïsme et sionisme :
« l’affirmation selon laquelle des liens historiques ou spirituels unissent les Juifs à la Palestine n’est pas conforme aux faits historiques et ne répond pas aux conditions requises pour constituer un état. Le judaïsme est une religion révélée. Ce n’est pas une nationalité particulière. Les juifs ne forment pas un peuple avec son identité distincte, mais sont citoyens des états auxquels ils appartiennent ».
Cet argument permet de pouvoir se dire farouchement antisioniste tout en se défendant de faire de l’anti-judaïsme, car il va de soi dorénavant judaïsme et sionisme non seulement sont différents, mais opposés. Tour de passe-passe consistant à définir le Judaïsme et le Sionisme à la place des Juifs, tout en se dédouanant à moindre frais de tout anti-judaïsme auprès d’une opinion occidentale très susceptible depuis la Shoah…
5 / La Dé-légitimation d'Israël :

Israël étant mis du côté des impérialistes, colonialistes, des forces d'oppressions il est tout naturel de proclamer :
• Article 19 : Le partage de la Palestine en 1947 et l'établissement de l'État d'Israël sont entièrement illégaux, quel que soit le temps écoulé depuis lors, parce qu'ils sont contraires à la volonté du peuple palestinien et à son droit naturel sur sa patrie et en contradiction avec les principes contenus dans la charte des Nations unies, particulièrement en ce qui concerne le droit à l'autodétermination.
• Article 20 : La déclaration Balfour, le mandat sur la Palestine et tout ce qui en découle sont nuls et non avenus. Les prétentions fondées sur les liens historiques et religieux des Juifs avec la Palestine sont incompatibles avec les faits historiques et avec une juste conception des éléments constitutifs d'un État. Le judaïsme, étant une religion, ne saurait constituer une nationalité indépendante. De même, les Juifs ne forment pas une nation unique dotée d'une identité propre, mais ils sont citoyens des États auxquels ils appartiennent.
• Article 21 : S'exprimant par révolution armée palestinienne, le peuple arabe palestinien rejette toute solution de remplacement à la libération intégrale de la Palestine et toute proposition visant à la liquidation du problème palestinien ou à son internationalisation.
Il est curieux que ces articles à l'époque n'aient point soulevés de vives protestations au sein de l'ONU, car s'il existe un pays fondé par le droit international c'est bien Israël, rappelons les deux étapes clés :
Sous les auspices de la SDN la Conférence de San Remo en avril 1920, dans l'article 22, reconnaît la création d'un "Home national" pour le peuple juif. Article 22 qui sera repris dans les articles 94 & 95 du traité de paix dit traité de Sèvres le 10 aout 1920. Où il est dit : "le mandataire (GB) sera responsable de la mise en exécution de la déclaration originale faite le 2 novembre 1917 (Déclaration Balfour) par le gouvernement britannique et adoptée par autres puissances alliées, en faveur de l'établissement en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif, étant bien entendu que rien ne sera fait qui pourrait porter préjudice aux droits civils et religieux des communautés non-juives en Palestine"
Puis le 29 novembre 1947, l'ONU vote la résolution 181 partageant la Palestine mandataire, permettant la création de l'état d'Israël qui devient membre officiel de l'ONU le 11 mai 1949.
Notons au passage comment la Ligue Arabe, puis l'OCI qui n'arrêtent point de crier "Israël pays voyou" au prétexte qu'Israël n'applique point les diverses résolutions de l'ONU depuis 1967, sont les premiers à enfreindre le droit international par leur refus entêté des décisions de la SDN puis de l'ONU légitimant à la fois le sionisme et Israël.
6/ Légitimer le terrorisme :
Israël pays néo-colonialiste, agent de l'impérialisme devient tout naturellement un ennemi que l'on peut combattre de façon juste, puisque combattre Israël c'est libérer un peuple opprimé qui a droit comme tous les autres à l'autodétermination et à la souveraineté sur son sol dont il a été injustement dépouillé.
Les Palestiniens étant trop faible sont habilités à pratiquer le terrorisme "arme des pauvres opprimés" (c'est bien connu, ben voyons…Gandhi n'y avait pas pensé, tiens !) :
• Article 9 : La lutte armée est la seule voie menant à la libération de la Palestine. Il s'agit donc d'une stratégie d'ensemble et non d'une simple phase tactique. Le peuple arabe palestinien affirme sa détermination absolue et sa ferme résolution de poursuivre la lutte armée et de préparer une révolution populaire afin de libérer son pays et d'y revenir. Il affirme également son droit à avoir une vie normale en Palestine, ainsi que son droit à l'autodétermination et à la souveraineté sur ce pays.
• Article 10 : L'action des commandos constitue le centre de la guerre de libération populaire palestinienne, ce qui exige d'en élever le degré, d'en élargir l'action et de mobiliser tout le potentiel palestinien en hommes et en connaissances, en l'organisant et en l'entraînant dans la révolution palestinienne armée. Cela suppose aussi la réalisation de l'unité en vue de la lutte nationale parmi les divers groupements du peuple palestinien, ainsi qu'entre le peuple palestinien et les masses arabes afin d'assurer la continuation de la révolution, son progrès et sa victoire.
Tous ces discours incendiaires ne seront malheureusement pas pris en considération par l'opinion occidentale qui nourrissait envers les pays arabes des sentiments oscillant entre le mépris plus ou moins raciste et la condescendance bienveillante….
7 / Un discours refondant le panarabisme :
La Palestine est trop petite pour mener à bien son "juste" combat, aussi devient-il légitime de la soutenir et de combattre à ses côtés. Les articles 12 à 15 vont étroitement lier la Cause palestinienne à la Cause pan-arabe en général
l’article 13 proclame que “l’unité arabe et la libération de la Palestine sont deux objectifs complémentaires. Chacun d’eux conduit à la réalisation de l’autre. L’unité arabe mènera à la Libération de la Palestine, et la libération de la Palestine conduira à l’unité arabe. Œuvrer en faveur de l’une revient à agir pour la réalisation des deux. »
L’article 14 : « le destin de la nation arabe, et à vrai dire l’existence même des arabes, dépend du destin de la cause palestinienne. »
L’article 15 : « la libération de la Palestine est une obligation nationale pour les arabes »
Ces divers articles, par delà leur côté surprenant, car on ne voit guère le lien qui pourrait exister entre le destin de la Palestine et celui du monde arabe, préfigurent de ce qui va devenir effectivement un des fondamentaux du panarabisme, puis plus tard du panislamisme. Ce lien entre la libération du monde arabe et celui de la Palestine ce discours ne situe-t-il pas l’ensemble du monde arabe dans une position d’opprimé ? Et donc légitime tous les conflits et refus.
8 / Un discours séduisant
La vision flamboyante d’un combat quasi cosmique, entre d’une part les forces de libération, de progrès, de justice et de paix, représentées par la Cause palestinienne, puis d’autre part les forces fanatiques et racistes de l’impérialisme mondial expansionniste et colonialiste, va servir de tremplin à toute une propagande internationale, notamment auprès des diverses opinions de gauche, d’abord dans les milieux de l’extrême gauche anti-impérialiste, puis dans les milieux tiers-mondiste sensibles aux nouvelles formes de néo-colonialisme, enfin dans une gauche traditionnelle auprès de laquelle la Cause palestinienne s’est présentée comme résistance de progrès face au colonialisme, au racisme et au fanatisme qui bien entendu sont fascistes et nazis.
Propagande qui a réussi à séparer Israël, état de nature sociale-démocrate depuis le Bund, des gauches traditionnelles de l’Europe. Propagande qui braque le regard des progressistes sur la seule condition faite par Israël aux palestiniens, en grossissant la moindre bavure, tout en négligeant une approche globale de la condition des réfugiés palestiniens, notamment dans les pays arabes… les massacres de palestiniens commis par des arabes tels que ceux de Bordj et Barajneh, Tal el Zaatar, Dbayé, Tripoli, La Quarantaine, et récemment Nar El Bared ne mobiliseront guère les foules, voire ne seront étudiés et commentés que par les seuls spécialistes du conflit.
Ne parlons pas de la divine supercherie de Sabra et Chatila, qui à force d’intox a réussi à faire croire que le massacre est le fait de Tsahal. Répétons que la tragédie de Sabra et Chatila qui a fait 900 morts civils a été organisée par les phalanges arabo-chrétiennes du Liban. Le tort de Tsahal a été de ne pas garantir la sécurité du camp (tel que cela est prévu au titre de la IV° convention de Genève). Faute lourde qui a suscité une tempête d’indignation en Israël (400 000 manifestants), entrainant le limogeage du chef d’état major Raphaël Eytan, la démission du directeur des renseignements militaires, Yehoshua Saguy et du ministre de la défense Ariel Sharon. Tandis que du côté arabe les responsable directs n’ont jamais été inquiétés de quelque manière que ce soit, mieux, l’organisateur du massacre Elie Hobeika sera plusieurs fois ministre au sein de divers gouvernements libanais…
Mais pour les Arabes massacrer du Palestinien n'est pas grave….ce ne sont que des faire-valoir.
9 / La subversion
Mais au-delà de tout cela le discours vise à miner les fondements du sionisme et décrédibiliser ses valeurs fondatrices. Rappelons que le sionisme historique de Ben-Gourion et Weizmann est fondamentalement démocratique et laïc, d'inspiration socialiste, voire marxiste dans certaines de ses composantes (Palmakh), que le sionisme s'inscrit dans le mouvement de l'émancipation des peuples et a toujours eu une aversion envers les différentes formes d'impérialisme ou de néo-colonialisme ; aversion dont feront les frais les britanniques de la Palestine mandataire.
Le discours de la Charte fut et garde sa force de persuasion qui a réussi par la répétition de mensonges financés par le lobby des pays producteurs de pétrole à disqualifier le sionisme, à semer la culpabilité parmi les Juifs d'Israël et de la Diaspora, l'angoisse quant à une nouvelle Shoah…. Comportements qui inhibent les réactions, d'où un discours sioniste qui se jouent trop souvent sur les registres de la défense agressive ou de la justification.
Il est temps de redresser la tête, car l'un des objectifs de la Cause est, à défaut de remporter la victoire par les armes, de la remporter par la guerre des consciences.
Nous n'avons pas à nous justifier, ni à nous défendre sur un mode réactif…. Car à ce jeu nous sommes amenés à dire des mensonges pieux, des demi-vérités, des approximations historiques et on ne détruit pas un mensonge par un autre mensonge. Nous n'avons pas à rougir de notre histoire, car devant le Tribunal de l'Histoire, c'est bien Nasser et son chien de garde Arafat qui ont des comptes à rendre.
Il est temps de nous affirmer calmement sans haine, ni émotions à partir des faits,
Ne nous y trompons pas la conversion à la cause palestinienne, les revirements de l'opinion, les reniements de nos soutiens naturels (les démocrates et socio-démocrates) ne sont pas solidement ancrés…. Nous avons davantage à faire avec une opinion de surface, de conformisme qu'à des convictions profondes (je mets bien sûr de côté les idéologues indécrottables de CAPJO, et autres gauchistes radicaux),

jeudi 18 août 2016

PAROLES D'ALBERT EINSTEIN





LE JUDOKA, SPORT DE SEIGNEURS...............


L'AMOUR DU MAILLOT DE HUBERT ZAKINE


Extrait de "L'AMOUR DU MAILLOT" que j'écris actuellement sur une histoire qui raconte le match revanche (histoire réelle) entre le Stade de Reims et le SCUEB à Saint -Eugène et les conséquences sur la carrière footballistique d'un enfant de Bab El Oued.

CHAPITRE 1
--Les enfants, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle à vous apprendre !
N’obtenant pas de réponse, il insista :
--Alors, la bonne ou la nouvelle ?
Comme un seul homme, les cadets de l’ASSE s’écrièrent : la bonne, mssieu !
Alex, l’entraineur était un homme qui respirait la bienveillance envers ses joueurs ! Il les appelait par leur prénom, il les protégeait, en un mot, il les aimait comme un père aiment ses enfants.
--Tenez-vous bien, le grand stade de Reims vient disputer un match revanche contre le SCUEB au stade de Saint-Eugène.
--Waouh! Un match revanche de la coupe de France ? s’exclama Richard Scanapiecco
--Exact ! Et vous savez pourquoi ?
--Pour prendre une autre tannée ? Fanfaronna Hocine Hamad.
--Non, tout simplement parce que monsieur Germain, le président de Reims a expliqué à Guy Buffard que cette défaite lui coûtait beaucoup d'argent. Et Guy Buffard lui a proposé de disputer une revanche à Alger et de garder la recette ! Aussitôt dit, aussitôt fait. Ils ont retenu la date du samedi 25 MAI.
Les cadets de l’ASSE se demandèrent pour quelle raison, leur entraineur leur tenait ce discours. En quoi étaient-ils concernés sinon le plaisir de voir, en vrai, les vedettes du Stade de Reims?
--Et j’ai gardé le meilleur pour la fin !
--Ah la mauvaise nouvelle ? Demanda Marco Munoz.
--Oui, une sacrée mauvaise nouvelle. Vous jouez en ouverture contre les cadets du SCUEB.
--Oh, purée ! On va jouer devant, Fontaine, Piantoni, Vincent.
Le chahut qui s’ensuivit ne fut qu’enthousiasme et fanfaronnade.
--Purée, la honte.
--Qué la honte ! La classe, ouais !
Les joueurs de l’Association Sportive de Saint-Eugène habitaient pour la plupart le faubourg de Bab El Oued. Ils se connaissaient depuis leur plus tendre enfance, ils avaient appris à lire, à écrire et à compter dans les mêmes écoles communales, avaient tapé dans une balle au cours des mêmes rencontre inter-quartiers, s’étaient inscrit ensemble au R.C. Nelson, F.C.Rochambeau -ou débuta Marcel Salva- au S.C.Algerois, avant de signer, pour les meilleurs d’entre eux, à l’équipe-phare de Bab El Oued, l’A.S.S.E.
Comme tout jeune sportif, Richard adorait évoluer devant un adulte et, si cet adulte était un footballeur confirmé, il n’en éprouvé que du plaisir contrairement à son ami de toujours, Marco qui perdait tous ses moyens.
-- Si je sais que Piantoni y me mate, je vais me faire sac de nœuds sur sac de nœuds!
--Arrête-toi de dribbler, de faire tes temeniek, des passements de jambe ! Joue simple et ça ira tout seul. On les a battu 4 à 0 et 3 à 1 en championnat.
--Soit disant, tu vas pas essayer tes coups de zouzguèfes pour épater les professionnels !
--Mais moi, j’ai pas le cul à zéro comme toi! Je vais jouer comme je sais jouer sans vouloir épater la galerie.
--Va te faire, va !

Richard était petit dernier de la famille Abergel. Maxime, son frère ainé, avant lui, avait évolué au sein de l’équipe réserve des rouge et blanc mais n’avait jamais intégré l’élite du football Saint-Eugénois. A ses débuts, il lui avait prodigué mille conseils mais à présent, il pensait sincèrement que l’élève allait, dans un an ou deux, dépasser le maitre. Aussi, il se contentait d’assister aux exploits de son petit frère sans oublier de le critiquer lorsqu’il oubliait de jouer simplement.
--Pourquoi tu as fait une tchèque au lieu de contrôler ton ballon ?
--C’est un réflexe ! Comme dans la rue !
--Sauf qu’à présent, tu joues plus dans la rue.
--Ni avec une balle. Ajouta Richard pour appuyer le conseil de son frère ainé.
--Un jour, Pierre Ponsetti a fait une conférence. Il nous a expliqué ce que lui avait appris le monde professionnel : tant qu’une équipe a le ballon, l’équipe adverse ne peut pas marquer un but. Ça n’a l’air de rien, mais en réfléchissant bien, c’est frappé du sceau du bon sens. C’est pourquoi, toi qui es meneur de jeu, tu dois garder le ballon et ne pas l’envoyer au petit bonheur, la chance.
--Qué, meneur de jeu, je suis un joueur comme un autre ! En fait, tu me demandes de moins dribbler ?
--Non dribble mais ne perds pas le ballon. Et si tu veux faire un bon match, réussis tes passes !
Et il en était ainsi jusqu’au prochain match.

Comme tous les enfants de son quartier, Richard avait appris le football en disputant de petits matches au sein du jardin Guillemin. Désertée le matin par les mamans occupées par les taches ménagères, cette grande esplanade se voyait envahi par les apprentis footballeurs dans d’homériques rencontres qui se renouvelaient chaque jour. Ils peaufinaient leur technique en laissant libre cours à leur besoin de se dépenser et à leur envie d’imiter les vedettes qu’ils admiraient chaque dimanche au stade municipal ou à Saint Eugène. Leurs journées étaient cadencées par l’école et les jeux de l’enfance dont le football se démarquait dès que le nombre de joueurs était atteint. Parfois un policier municipal venait troubler leur match de rue en confisquant la balle – le ballon était réservé au football du stade – mais dès que le garde municipal disparaissait, une autre balle et la rencontre reprenait.
Richard était droitier mais admirait les gauchers. Le rémois Piantoni et le monégasque Théo lui donnèrent une folle idée : il jouera aussi bien –ou aussi mal – du pied gauche que du pied droit. Pour cela, il décida de ne toucher le ballon que du gauche lors des entrainements, encouragé, il est vrai, par son entraineur qui avait établi sa réputation par un remarquable pied gauche.
--Tu peux pas de contenter de parfaire la technique de ton pied droit, non ? Lui reprochait son frère.
Bien faire et laisser dire, telle aurait pu être sa réponse, mais droit d’ainesse oblige, les conseils de Maxime, étaient paroles d’évangile.
--A force de te prendre pour un autre, tu vas plus savoir qui tu es !
--Mais Maxime, je veux simplement m’améliorer, je veux pas me prendre pour un autre !
Même son de cloche chez les copains de rue.
--Arrête ton cinéma ! Tu es droitier, un point c’est tout !
--Toi tu es un bourrin et ça te suffit ? Répliqua Richard.
--Moi, j’suis un bourrin ?
--Tu sais ce qu’on dit de toi, tape fort et en l’air et tu auras ta place en équipe première!
--Allez va te faire, va ! Avec ton pied gauche, tu vas être le roi des roues libres !
Faire des roues libres ! Quel est l’entraineur qui avait désigné cette façon de shooter dans le vide le premier, toujours est-il qu’un joueur était catalogué de la sorte sitôt qu’il ratait le ballon ?
--Qué, tu m’as vu déjà vu faire des roues libres ? Se défendit Richard.
--A force, à force, tu vas te retrouver tout juste bon à couper les citrons à la mi-temps.
--Vous voulez que j’vous dise, vous êtes jaloux, un point, c’est tout !

A la grande brasserie, plus personne ne parlait du match à venir contre l’Olympique Marengo.
Le Stade de Reims était sur toutes les lèvres.
--Purée, un match revanche, ils vont les manger tout cru. Moi je suis prêt à parier pour un 5-0.
--Mais on s’en fout du résultat ! Reims y vient à Alger, un point, c’est tout ! Et je suis content d’aller au stade les voir jouer !
--Bon en attendant, venez prendre une tannée au pink foot !
La grande Brasserie se voulait le café préféré des amateurs de billard français, de belote et de ping-pong. Mais depuis des lustres, la jeunesse qui vivait autour du jardin Guillemin jusqu’à l’avenue Durando, avait élu domicile dans cet établissement grâce à son scopitone qui damait le pion au traditionnel jukebox des autres cafés de Bab El Oued. Richard ne faisait pas exception à la règle depuis ses quinze ans grâce à la mansuétude du patron Pépète Solivérès. En effet, ici, on respectait un ordre bien établi qui voulait que seuls les jeunes gens de 18 ans avaient le droit de fréquenter les cafés.
Bab El Oued était une ville dans la ville, un quartier de quelques cent mille âmes qui s’était forgé une réputation de travail et de bonne humeur incomparable. Mais Bab El Oued se composait en même temps d’une multitude de quartiers jaloux de leur identité. La basseta se voulait le repère des espagnols, les messageries celui des italiens et alentour se côtoyaient juifs, maltais, mahonnais, français de métropole, arabes et quelques étrangers venus faire fortune en Algérie. Ce melting-pot donna une race méditerranéenne à nulle autre pareille que l’on retrouvait à tous les étages de la société.

dimanche 14 août 2016

HISTOIRES JUIVES.............

REPONSES JUIVES AUX INTEGRISTES ISLAMISTES... et OUI...


Partout dans le monde, les islamistes exhortent les musulmans à boycotter tout ce qui provient des Juifs.   

 En réponse, M. Meyer Treinkman, un pharmacien renommé en Israël, a offert de les aider dans leur boycott d'Israël, comme suit :                                                                     

Tout musulman qui a la syphilis ne doit pas être guéri par le Salvarsan, découvert par un Juif le Dr Ehrlich. Il ne devrait même pas essayer de savoir s'il a la syphilis, parce que le test Wasserman est la découverte d'un Juif.  
Si un musulman a la gonorrhée, il ne doit pas obtenir un diagnostic, car il utiliserait ainsi la méthode d'un Juif nommé Neissner. Un musulman qui a une maladie cardiaque ne doit pas utiliser Digitalis, une découverte par un Juif Traube Ludwig.
 
S'il souffre d'un mal de dents, il ne doit pas utiliser Novocaine, une découverte des Juifs, Widal et Weil.
 Si un musulman a du diabète, il ne doit pas utiliser l'insuline, résultat de la recherche faite par Minkowsky, un Juif. S'il a un mal de tête, il doit fuir le Pyramidon Antypyrin, en raison de la découverte des Juifs Spiro et Ellege.
Les musulmans qui ont des convulsions ne doivent pas utiliser de l'hydrate de chloral car c'est un Juif, Oscar Leibreich, qui a trouvé les bienfaits de ce produit. 
 
Les Arabes doivent faire de même avec leurs troubles psychiques parce que Freud, père de la psychanalyse, était un Juif.   
 
 Si un enfant musulman a la diphtérie, il doit s'abstenir de "Schick" médicament qui a été inventé par le Juif, Bella Schick.
Les musulmans doivent être prêts à mourir en grand nombre car ils ne doivent pas permettre un traitement de l'oreille et des lésions cérébrales, à cause du travail du Juif , Robert Baram, qui a eu le prix Nobel.
Ils devraient continuer à mourir ou rester paralysés par la paralysie infantile, car le découvreur du vaccin anti-polio est un Juif, Jonas Salk.
 Les musulmans doivent refuser d'utiliser la streptomycine et de continuer de mourir de la tuberculose, car un Juif, Zalman Waxman, a inventé ce médicament miracle contre cette maladie meurtrière.
Les médecins musulmans doivent rejeter toutes les découvertes et améliorations du dermatologue Judas Benoît Sehn, ou du spécialiste du poumon Frawnkel, ainsi que de nombreux autres scientifiques et experts médicaux de renommée mondiale, eux aussi juifs.    
 Donc les bons et loyaux musulmans adeptes de l'Islam devraient rester affligés de la syphilis, de la gonorrhée, des maladies cardiaques, des maux de tête, du typhus, du diabète, de troubles mentaux, de la poliomyélite et de la tuberculose, de convulsions ... et surtout d'être fiers d'obéir au "boycottage islamique."
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Oh, j'oubliais, ils ne doivent pas appeler le médecin sur leur téléphone portable, parce que le téléphone cellulaire a été inventé en Israël par un ingénieur juif.
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 J'ajoute que le téléphone tout court est aussi inaccessible car invention de Graham Bell de confession juive . Reste bien sur le téléphone arabe mais ceci est une autre histoire...
Et finalement, je me demande quelles sont les contributions médicales qu'ils pourront utiliser dans le monde, ... qu'auront fait les musulmans dans ce domaine ???, comme dans beaucoup d'autres !!!... RIEN  !!!
NB: les musulmans ne doivent pas non plus se plaindre de testiculopathie ( vulgairement "couilles cassées") invention la encore d'un varois dont on taira le nom car il s'agit d'un contemporain .....
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 Ah non j'oubliais...Ils ont inventé le Niktamer qu'ils utilisent en permanence.
 
 

 
 

vendredi 12 août 2016

mardi 9 août 2016

Dean Martin - You Was - Lyrics

LE COIFFEUR DE BAB EL OUED DE HUBERT ZAKINE (a paraitre)



La demi-journée elle est passée comme un avion à réaction. Malgré mes objections, ma mère, elle a tenu à faire bruler de l’encens pour enlever le mauvais œil et  jeter quelques pièces de monnaie dans les coins du salon pour attirer l’argent selon une ancienne tradition judéo-arabe.

--Et surtout mon fils, tu les ramasses pas pendant un mois.

Elle voulait faire couler du sang de poisson bleu mais j’ai été intransigeant, j’ai dit Basta !

--Manman, le salon, y va puer pendant plusieurs jours !

A qui tu parles ? Bien faire et laisser dire.

Ni une, ni deux, elle ouvre son cabas, elle en sort un ruban rouge qu’elle attache après la selle du cheval censé amadouer les petits récalcitrants.

--Le ruban, c’est pas du sang mais c’est rouge ! Et ça portera chance.

Amman, avec tous ses tours de passe-passe, si je fais pas fortune, je suis bon à jeter à la mer.



Il est midi et les copains y m’invitent à taper l’anisette comme si j’étais un tchitchepoune. Purée, si ma mère elle me voit avec tous les kilos de la Grande Brasserie, elle me fait un carnaval carabiné. La khémia, elle m’attire comme un aimant, pareil que le broumitche de mon oncle. Pour les oublades et les tchelbas. Amman, son mélange de pêcheur y   puait, c’est rien de le dire. Les boules puantes, presqu’elles sentent la rose à côté ! Mais, attention, hein, les poissons y battaient le record du monde pour se le morfaler.

Je tape la blanche anisette juste pour faire plaisir aux amis. Quelques tramousses et vite, je rentre à la maison où ma mère elle va se vexer si je dévore pas sa salade de poivrons et sa loubia que, ma parole d’honneur, elle est la meilleure du monde et des alentours. Les chicaneurs je les entends d’ici.

--C’est ma mère à moi, la meilleure cuisinière ! Lance un premier babao.

--Tu rigoles, tch’as déjà goûté la paëlla de ma mère ? Riposte un deuxième babao.

--Je me marre, tu as même pas besoin de goûter celle de ma mère, rien que tu la sens,  tu grossis ! Se glorifie un troisième plus babao encore que les deux autres.

Pour un enfant, on monte, on descend, la cuisine de la mère c’est toujours la meilleure du monde. Même si elle est brûlée !



--Alors, mon fils, tu as bien travaillé ! Et avant que j’aie répondu, elle me tend ma chaise.

--Assieds-toi, mon fils ! Tu vas manger et, après, tu te reposeras sur la chaise longue !

Pour ma mère, j’ai toujours huit ans. Presqu’elle me donne des fortifiants et j’ai beau lui dire : manman j’ai plus dix ans, inlassablement, elle me répond :

--Et alors, tu es plus mon fils parce que tu es grand ! Pour une mère de chez nous, y a pas d’âge ! Tu seras toujours mon bébé !

--Manman !

--Qu’est-ce tu veux que je fasse comme ces souèdes qu’elles abandonnent leurs petits pour aller faire la vie ?

--Allez calme-toi ! Moi, je veux rien !

--Quand tu auras une femme, je lui passerais le relais mais, regarde-moi, si elle te rend pas heureux, je lui arrache les yeux ! Préviens-la, hein !

Elle est comme ça, ma mère ! Heureusement, je prends tout mon temps pour trouver chaussure à mon pied parce que ce jour-là,  elle va passer  aux rayons X.

--Est-ce qu’elle est juive ?........ Elle sait faire la cuisine, le ménage, le repassage, tenir une maison ?........ Sa famille, c’est une famille bien comme il faut ?......... C’est pas une souède au moins ?

--Manman ! C’est pas demain la veille que je marie ! Tu peux dormir tranquille.


BAB EL OUED POUR MEMOIRE DE HUBERT ZAKINE



Hier, le cimetière de Bône, envie de mourir y te donnait. Mais la vie, petit à petit, elle reprend la main ! De fatmah ! 5 dans tes yeux ! D’abord, Bône c’est là où le bon dieu il a perdu ses savates. Et puis y en a marre de parler des morts et des cimetières. Mais les hommes y peuvent plus se passer des armes. Un jour y construisent et le lendemain y détruisent ; Faudrait savoir ! C’est où la Chine et l’Indochine ! Les femmes elles adorent chiner ! Mais elles savent pas ce que ça veut dire indochiner. Leurs hommes, elles veulent les garder à la maison.  Auprès d’elles et de leurs chitanes ; y en a assez de la guerre ! La vie elle est si belle et si belles sont les plages d’Alger ! C’est  loin l’Indochine !

Alors Bab El Oued y décide d’oublier. Les oublis, c’est craquant au jardin Guillemin ! Tape cinq mon ami ! De nouveau tous pour un et tous des frères ! Même les juifs ! Comme avant Pétain,  putain, dé !



*****

L’an prochain à Jérusalem ! Israël y relève la tête grâce à l’ONU que De Gaulle y qualifiera de « machin ». Ça y est, les Hébreux y jouent les ténébreux en terre sainte ! Les juifs  d’Alger y sont contents comme quand  le Gallia y marque un but ! Illié illié illié ! Inch’allah, grâce à dieu et baroukh achem ! Seulement, Allah il est de mauvaise foi. Il aurait perdu la foi  mais quelle foi ? Il était une fois Allah, Jésus ou  Moïse ! Dieu seul y sait ! Toujours on dit qu’impossible n’est pas français !  Mais à savoir si le dieu des Arabes y comprend le français ! Aussi, la guerre sainte elle recommence contre les juifs ! En terre sainte ! Après les Allemands, c’est le tour des Arabes. Les fous d’Allah y remplacent les fours d’Hitler ! D’une main y prient et de l’autre, y z’égorgent !



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1950 : Les Saint-eugénois  plus beaux que les Bel abbésiens. L’ASSE elle remporte la coupe d’Afrique du Nord contre le SCBA. Alger y bat Oran à Oran !  La revanche, elle promet !

Le sport, c’est la santé  mais le travail aussi c’est la santé. Va comprendre quelque chose ! Quel cassement de tête !

La vie elle est belle en cette année 1950 ! La famille, l’amitié, le cinéma, la boxe, le football, la mer, la mouna, sidi ferruch, le rire, c’est la grande farandole de l’insouciance ! Le bonheur comme s’il en pleuvait !

Le « Vespa » il débarque d’Italie suivie du Rumi et du Lambretta. Casanova y lève que dalle sans scooter alors que Quasimodo y tombe tout ce qu’y veut !  Sans parler de la Puch ! Faudrait savoir, y lève ou y tombe ?

Dès la première paie, Quasimodo y se paye un Vespa tout rutilant à crédit. Don Juan sans emploi y lève que des sacs de pommes de terre ! En un mot comme en cent, y  fait tintin. Tout juste si y peut se payer le tramway nommé désir ! Aller en ville pour jouer les zazous, c’est pas l’envie qui lui manque, c’est l’argent, le flouze, le pognon !

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